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La recherche
Activités du Centre de Recherches de l’ICR :
Les activités du Centre de Recherches de l’ICR sont interdisciplinaires spécialisées, elles font appel à l’histoire et à ses sciences annexes, à l’histoire des institutions, à la littérature et à la linguistique, aux langues vivantes et à la traductologie, aux langues anciennes au latin, au grec et à la philosophie .
Descriptif de la thématique : Clercs, laïcs ; humanisme et spiritualité.
Ce duo forge une dialectique qui se forme au Moyen-Âge et dont la tension peut rendre compte du fondement même de ce qu’on appelle aujourd’hui la culture. Depuis le verset d’Evangile (Marc, 10,13-16 ; Luc, 18,16) à Saint Thomas, et jusqu’à l’Encyclique Fides et ratio le savant n’a cessé d’interroger le poverello, l’artiste d’être inspiré par l’ange, le philosophe d’être ébloui par le sacré. Leur œuvre s’en ressent dans ses soubassements mêmes, et dans sa structure.
L’histoire de notre littérature et de notre langue commence à travers des récits (fragmentaires au début avec la Séquence de sainte Eulalie, v. 882) de vies de saints : c’est dire l’importance constitutive même dans le socle de nos édifices intellectuels de cette marque. En effet, ce sont les clercs qui manient à la fois le latin et forgent les langues vernaculaires ; ce sont eux qui non seulement ont transmis l’héritage antique mais qui ont acclimaté aux conditions de prédication l’héritage chrétien, et sauvegardé au fur et à mesure des progrès de la nouvelle langue les traditions orales « folkloriques » pré-chrétiennes telles qu’elles apparaissent notamment dans l’univers arthurien de la matière de Bretagne que le Moyen Age ajoute à celles de Rome et de Jérusalem.
Le laboratoire de recherche se dote donc du couple « clercs et laïcs» à la fois antinomique et complémentaire comme fondement pour ses travaux, parce qu’il se trouve à la source même de notre civilisation. En outre, cette dialectique non seulement autorise la pratique de la transdiciplinarité, elle implique la perméabilité des cloisons séparant les différentes disciplines universitaires: philosophie, histoire, littérature, théologie et droit dont le dialogue humaniste est d’une urgence aux enjeux plus que jamais capitaux.
Equipe d’accueil :
Hervé Pasqua, Professeur HDR, ICR ; Karin Ueltschi, Professeur HDR, ICR ;
Arnaud Ferron, Enseignant chercheur, ICR ; Elisabeth Cardon, Enseignant
chercheur, ICR ; Maud Besnard, Enseignant chercheur, ICR ; Dominique
Vermersch, Professeur HDR, Agrocampus, ICR ; Johan Glaisner, Enseignant
chercheur, ICR ; Samuel Lair, Enseignant chercheur ; Florence Le Provost,
Enseignant chercheur; John Holstein, Enseignant chercheur.
Membres associés :
Martin Aurell, Professeur HDR, Université de Poitiers ; Jean-Louis Benoît, Maître de conférences, Université de Bretagne-Sud Lorient ; Jacques Rabin, Maître de conférences, Rennes 2 ; Gérard Ferreyrolles, Professeur Paris IV Sorbonne ; D. Millet, Professeur Paris IV Sorbonne ; Hélène Michon. Professeur Université de Tour.
Séminaires :
- Nicolas de Cues (1401-1464) : le dialogue interreligieux au XVème siècle. Le christianisme et l’Islam. Traduction du De pace fidei publié en 1453.
- John Henry Newman (1801-1890) : l’idée d’université
Publications annuelles :
- « Cahiers de Philosophie et de Littérature »
- « Cahiers d’Histoire »
Colloques (en préparation) :
- « Nicolas de Cues, au carrefour du Moyen Âge et de La Modernité »
- « John Henry Newman et l'idée d’université »
(appel à contribution et « invitations », colloque sur deux jours, jeudi & vendredi : 2010)
Voir Actes des Colloques de l’ICR parus.
Colloques organisés par le laboratoire de recherche de l’ICR :
Le tricentenaire de Bossuet
Actes du colloque du 27 mars 2004 : Philippe Sellier, (Paris IV-Sorbonne), Situation de Bossuet ; Hélène Michon, (Université de Tours) Bossuet controversiste : son conflit avec Paul Ferry ; Anne Régent, (Paris IV-Sorbonne), Bossuet traducteur de l’Ecriture et des Pères ; Alain Lanavère, (Paris IV-Sorbonne), Ordre et désordre selon Bossuet orateur ; Fr. Augustin PIC op., Le « Discours sur l’Histoire universelle » et la « Politique tirée de l’Ecriture Sainte » ; Michel Henrichot, (Université de Bretagne Sud) La citation de l’Ecriture Sainte dans les « Oraisons funèbres » ; Gérard Ferreyrolles, (Paris IV-Sorbonne).
Claudel et la création. Cinquantenaire de Paul Claudel (1955-2005).
Actes du colloque du Samedi 5 novembre 2005 « Claudel créateur interroge la création » : telle peut s’énoncer la principale perspective de ce colloque. Toute l’œuvre de Claudel, création seconde, se présente comme la réponse aux questions qu’il posait explicitement à la Bible. Réponse poétique (au sens étymologique du terme), en forme de livre, à l’instar du grand livre constitué par la sainte réalité composée de l’ensemble du monde visible et invisible, source de toute opération. Création divine : modèle de l’écriture du poète qui entend être un initiateur poussé par la volonté de déchiffrer le sens de ce qui est offert à sa contemplation, mais se refuse à n’être qu’un fabricant, un artiste qui ignore la sainteté de la Création sous toutes ses formes. (Gabriele d’Annunzio lui inspire ses mots : « C’est bien de lui qu’on peut dire que poète, c’est faiseur. Triste écrivain »…) Ce que Valéry appelle l’acte même des Muses correspond, pour Claudel, à un acte religieusement voulu, « engagé », entraînant la sacralisation du texte poétique. Cet aspect fondamental de l’écriture spirituellement affirmée, c’est-à-dire, se développant comme un acte de foi indissociable de l’acte créateur, digne d’être dit artistique, conduit Claudel à se définir comme un célébrant dont l’œuvre a pour but de faire la louange du Créateur en reconstituant par le verbe la Création offerte à son génie. Il peut donc affirmer avec fierté : je ne suis pas artiste. Mais en revanche, il se sait authentique poète, vrai créateur, parce que créature faite à l’image de Dieu, et, par conséquent, capable de refaire, à son tour, par la toute-puissance de l’écriture, le geste de la Création. »
Professeur Pierre Brunel. Membre du Comité d’organisation de la journée Paul Claudel La création dans l’œuvre de Claudel ; Professeur Marie-Victoire Nantet, Paris, Claudel et la création ; Professeur Didier Alexandre, Université de Paris IV-Sorbonne, La notion de préparation chez Claudel ; Professeur E.Kaes, Université de Tours, Peinture flamande et catholicité ; Professeur Dominique Millet-Gérard, Université de Paris IV-Sorbonne, La création chez Claudel ; Professeur Bernard Hue, L’idée de création dans l’œuvre de Claudel ; Samuel Lair, Institut Catholique de Rennes, Les premières œuvres de Claudel et la critique ; Conclusion du Colloque par le Professeur Pierre Brunel.
Huysmans et les romans de la conversion Centenaire de la mort de Joris-Karl Huysmans (1848-1907) sous la présidence de M. le Professeur Pierre Brunel
Actes du Colloque du Samedi 15 décembre 2007 A principio erat verbum. La position spirituelle et la situation littéraire d’un écrivain engoncé entre une fin de siècle matérialiste et un avant-siècle se prosternant devant l’idéologie du Progrès le condamne parfois à errer en une sorte d’interrègne, qui masque la modernité de son interrogation religieuse. Chez Huysmans, ce réseau de signes apparemment contraires désigne le lieu d’une interrogation essentielle. Celle-ci ne trouvera sa réponse qu’à partir du cycle de Durtal, tandis que son foyer demeurera sans cesse ardent jusqu’à la conversion de l’écrivain, en 1892, et au-delà. Loin d’être frappés de désuétude, le long cheminement spirituel et son point d’orgue, la déclaration de foi, rendent Huysmans plus proche de nous. Ses hésitations et ses atermoiements confèrent une sincérité douloureuse à son besoin d’absolu. Tout un pluriel d’interrogations trouvent une manière de réponse dans le cycle catholique (En route, La Cathédrale, L’Oblat), mais déjà, les états d’âme de des Esseintes laissent assez tôt entrevoir les états de l’âme, celle qui s’ouvre à l’éveil de la foi. L’ombre portée de Schopenhauer et Pascal ne suffit plus à la conception d’une unité intérieure, à lester de sens une existence qui lui semblait vouée au néant. La conversion ouvre dorénavant sur une partition de l’œuvre, scindée en un avant, et un après qui s’efforce de relire les débuts littéraires et idéologiques à l’aune de la foi : errances, tâtonnements, se lisent à la lumière de la grâce et du péché ; contradictions et revirements sont autant de stases sur le chemin de sa rédemption. Renonciation difficile mais authentique, quête d’un abri qui sera refuge en Dieu, obsession atavique d’une thébaïde primordiale, aspiration à la pureté, émergence d’un état contemplatif singulièrement actif : Huysmans se spiritualise, et son chemin, de 1891 à la fin, ne cesse de se dérouler « en montant ». Le retour en l’Église apparaît à ce titre davantage comme une renaissance que comme un avènement ex nihilo.
Professeur Pierre Brunel Université de Paris IV-Sorbonne Le roman Là-bas ;
Professeur Dominique Millet-Gérard Université de Paris IV-Sorbonne Huysmans et les Pères de L’Eglise ;
Madame Marie-Victoire Nantet Rédactrice du Bulletin Paul Claudel L’art chrétien contemporain vu par Huysmans et Claudel ;
Professeur François Livi Université de Paris IV-Sorbonne ;
Professeur André Guyaux Université de Paris IV-Sorbonne – Vice-Président de la société Huysmans ;
Professeur Pierre Citti Université de Montpellier III 15h45 Samuel Lair Institut Catholique de Rennes L’Oblat ;
Professeur Alain Vircondelet Institut Catholique de Paris Professeur Sylvie Triaire Université de Montpellier III ;
Conclusion du Colloque par le Professeur Pierre Brunel.
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